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Accueil Publications Interviews 3 questions à... Pierre-François COUTURE

Pierre-François COUTURE,

Ancien élève de l’ENA (1972-74), Contrôleur Général au ministère de l’Economie et des Finances.

Diplômé de l’IEP de paris, licencié en droit (Paris II), P-F. Couture commence sa carrière de haut fonctionnaire à la Direction du Budget (1974-78). Il sera notamment Conseiller technique auprès du ministre du Budget (1981-83), du ministre de l’Industrie et de l’Energie (1983-84), Directeur d’administration centrale dans les secteurs de l’énergie puis des postes et télécommunications (1984-96) puis Conseiller spécial auprès du Secrétaire d’Etat à l’Industrie (1997-99). Il est ensuite président du Directoire de l’Entreprise Minière et Chimique (1999-04). Il est également Président de la Commission Nationale du Commerce Equitable et actuel coordonnateur pour l’ADETEF* de la coopération Economique et Financière avec les nouveaux Etats Membres de l’UE.

* ADETEF : Opérateur de la coopération internationale des ministères économique et financier et du ministère du Développement durable, lieu de diffusion des bonnes pratiques en matière de politiques économiques et financières, l’ADETEF est l’intermédiaire des gouvernements et des pouvoirs publics pour qu’ils bénéficient des compétences professionnelles de grande technicité des fonctionnaires et experts publics français. http://www.adetef.fr/index.html

 

1)   En quoi consistent exactement les missions de l’ADETEF ?

 

L’ADETEF (Assistance au Développement des Echanges en Technologies Economiques et Financières) est un groupement d’intérêt public créé il y a 30 ans qui porte, sous l’égide des ministères économique et financier, les actions de coopération avec les pays partenaires pour améliorer leur gouvernance. Aux côtés de ses domaines d’intervention classiques (fiscalité, gestion publique, douanes, statistiques, concurrence et consommation) l’ADETEF étend son offre à de nombreux domaines tels la normalisation, les partenariats public-privé, les politiques d’innovation et de diffusion des Technologies de l’information et de Communication (TIC), les cadres réglementaires en matière de postes ou de télécommunications, la lutte contre la contrefaçon, la réforme de l’Etat, les marchés publics, etc. L’ADETEF intervient sous diverses formes et notamment en répondant aux demandes de jumelage sur fonds communautaires et aux appels d’offres. Elle soutient également des actions de coopération bilatérales en mobilisant ses propres moyens.

 

2) Ces dernières années, vos activités professionnelles vous ont amené à effectuer des missions en Europe centrale et orientale. Dans quels pays et sur quels thèmes en particuliers ?

 

J’étais responsable de la Direction de l’électricité au ministère de l’Industrie et de l’Energie à la fin des années 80 et j’ai fait mes premiers voyages à cette époque en Tchécoslovaquie et en Hongrie sous l’égide de la Mission interministérielle pour l’Europe centrale et orientale. Nous venions apporter aux tchèques notre assistance pour la construction et l’exploitation des centrales nucléaires. C’était peu de temps après l’accident de Tchernobyl et les populations étaient très inquiètes car les techniques et le personnel alors en fonction étaient suspectés d’un excès de dépendance à l’égard des russes. Nous avons contribué, avec l’aide d’EDF, à développer une information objective et à renforcer les options de sûreté à Temelin et à Bohovce.

J’ai effectué plus tard d’autres déplacements lorsque je suivais les dossiers « Télécoms » au ministère, à l’époque ou France Télécom concourait avec les italiens et les allemands pour la reprise des compagnies tchèque et hongroise. C’est en définitive en Pologne que la France l’a emporté en rachetant la compagnie TPSA.

Mon dernier déplacement, à l’automne 2010, a été consacré, à la République tchèque et à la Slovaquie. Il s’agissait d’évoquer avec les ministères de l’Economie et des Finances de ces deux pays les opportunités de coopération. Nous avons identifié de nombreux thèmes touchant à la gestion des finances publiques et au développement économique qui mériteraient d’être travaillés ensemble comme cela s’est fait pendant la période de préadhésion.

 

3) Quels sont les projets de coopération avec la Bulgarie ?

 

Nous avons développé depuis de longues années une coopération active avec la Bulgarie et le mérite en revient pour beaucoup à Pierre Consigny.

 Il faut cultiver ces échanges dans le domaine de la gestion budgétaire et des finances publiques. Mais je souhaite également répondre au souhait des autorités bulgares d’élargir notre dialogue et nos échanges aux domaines couverts par le ministère de l’Economie : l’énergie, la technologie et l’innovation, l’allègement des charges administratives pesant sur les Petites et Moyennes Entreprises (PME), la protection des consommateurs, les dispositifs de normalisation et d’accréditation.

Nous souhaitons également réfléchir à la coordination de nos actions de coopération en direction des autres pays des Balkans candidats à l’entrée dans l’Union Européenne.

J’ai l’intention de me rendre en Bulgarie avant la fin de l’année pour rencontrer les responsables en charge de ces différents sujets et témoigner de notre volonté de renforcer encore les liens traditionnels d’estime et de confiance entre nos deux pays.

 

 

(Propos recueillis par François Frison-Roche)